17 février 2016

DEUX ORDONNANCES POUR UN GRAND PROBLÈME

SYNDICAT DES LOCATAIRES

Communiqué de presse
 
 
 
La commission du logement du Parlement bruxellois a ce jeudi 18 février un ordre du jour extrêmement intéressant pour les locataires.  En effet, tant ECOLO  que le PTB déposent deux propositions d'ordonnance en vue de réguler le marché locatif en Région de Bruxelles-Capitale, pour les uns et, instaurer un encadrement des loyers sur le marché privé, pour les autres.
 
Le Syndicat des Locataires se réjouit de l'existence de ces deux propositions et appelle l'ensemble des parlementaires à voter les deux textes ou à tout le moins à se mettre d'accord pour enrayer durablement la problématique du logement de notre région à partir desdites ordonnances.
 
Nous affirmons en tout cas que contrairement à d'autres problématiques (crise financière, emploi, etc...) qui requièrent des actes d'acteurs en dehors de la Belgique (Europe, instances internationales, etc...) la résolution du problème du logement peut se concrétiser en interne donc au niveau de notre Région bruxelloise. 
Nos responsable politiques ne peuvent donc pas prétendre que les remèdes auxdits problèmes sont à trouver à d'autres niveaux de pouvoirs.
 
Nous tenons également à préciser que la Région bruxelloise est composée majoritairement de locataires et que dès lors l'intérêt général devrait inciter nos parlementaires à protéger cette catégorie de citoyens.
 
Nous nous tenons en tout cas à la disposition des élus afin de leur faire profiter de notre modeste expérience et de notre know-how en la matière.
 
Cordialement,
 
José GARCIA
Secrétaire général
 

05 mars 2011

UN MALHEUREUX POUR UN HEUREUX

 

«Un malheureux pour un heureux»

DUBOIS,FRANCIS

Page 19 LE SOIR

Mardi 1er mars 2011

Logement Le cahier de doléances du Syndicat des locataires, par José Garcia

José Garcia n’est pas le Bernardo, mais le Zorro des locataires. Et il n’a pas sa langue en poche. Face aux décisions, aux projets mais aussi aux atermoiements du gouvernement bruxellois, le secrétaire général du Syndicat des locataires sort du bois et martèle ses revendications pour le droit au logement.

 Contre la rotation imposée dans le logement social. José Garcia navigue à contre-courant du discours entendu. « Le nouveau danger, dans le logement social, c’est le bail à durée déterminée ». Comment ? Alors que plus de 30.000 foyers sont en attente d’un logement social, il ne faudrait pas pousser vers la sortie ceux qui ne répondent plus aux critères ? Le défenseur des locataires argumente. « Vouloir déloger ceux qui habitent un logement social, c’est un aveu d’impuissance de la politique de l’offre. Grâce aux règles mises en place, le logement social échappe à Bruxelles au clientélisme : ce sont les gens les plus pauvres qui y ont accès. Si, demain, on met en place un système d’éjection des revenus les plus forts – ils ne sont que 4 % selon une étude du Conseil consultatif du logement –, ça ne va qu’accentuer l’effet ghetto que tout le monde dit vouloir combattre au nom de la mixité », développe José Garcia. Le CDH, on le sait, en a fait une priorité. « Les deux autres (PS et Ecolo, NDLR) ont accepté du bout des lèvres. Les moins mal payés des travailleurs, on ne peut pas les lancer dans l’aventure comme ça. Ceux qui vont devoir sortir, même s’ils ont plus de pognon que ceux qui restent, vont se retrouver dans la merde sur le marché privé. Pour faire un heureux, on veut faire un malheureux ». José Garcia se demande au passage pourquoi le CDH de Benoît Cerexhe met tant d’obstacles à la construction de logements sociaux sur le terrain des Dames-Blanches, à Woluwe-Saint-Pierre…

 Pour la taxation réelle des loyers perçus.« La Région attend pour agir la régionalisation du bail, gelée par la crise institutionnelle. Mais elle a des pouvoirs sur la fiscalité pour mener une autre politique ». Le Syndicat des locataires se demande pourquoi on se réfère toujours à un revenu cadastral qui n’a plus été modifié depuis 1975. « Si un propriétaire touche 1.000 euros de loyer, qu’il soit taxé sur 1.000 euros ». José Garcia estime que la différence de rendement se chiffre de 1 à 3. Et que la Région pourrait encourager fiscalement les propriétaires qui pratiquent des loyers raisonnables et pénaliser ceux qui exagèrent.

 Socialiser le parc public.« Atteindre 15 % de logements à finalité sociale, c’est un beau chiffre, mais on demande au ministre de préciser comment il compte le mettre en œuvre ». José Garcia a sa petite idée : pourquoi ne pas assimiler tous les logements communaux et des CPAS à des logements sociaux dès lors qu’on injecte de l’argent public pour socialiser le parc privé. Le Syndicat des locataires réclame du concret, un plan, des mesures contraignantes, « alors que les communes ne suivent pas ».

L’aide au relogement en cas de rénovation.« Bravo au ministre (l’Ecolo Doulkeridis, NDLR) et à la SLRB pour leur vision à moyen et long terme », envoie José Garcia sans ironie. « Mais le nombre de mutations va augmenter dans la foulée des projets de rénovation engagés. Certes, il y a obligation de reloger les gens, mais les coûts ne sont pas pris en compte. Certaines sociétés prennent ces frais à 100 %, d’autres rien. Nous demandons au ministre de légiférer en accord avec le secteur ».

L’encadrement des expulsions. Le Syndicat des locataires considère qu’il faut aller au bout du raisonnement : la circulaire Hutchinson (PS) a ramené le nombre d’expulsions de 300 à 33 en 5 ans. C’est 33 de trop pour José Garcia, qui réclame une ordonnance contraignante ou un arrêté du gouvernement.

Et encore… Un meilleur contrôle des sociétés de logement social, une participation accrue des locataires dans le processus décisionnel et, surtout, « une action politique régionale beaucoup plus massive et active, au-delà des belles études » pour recycler les 2 millions de m2 de bureaux vides en logements figurent parmi les doléances du Syndicat des locataires. Lequel, passée la bienveillante phase d’observation du gouvernement PS-Ecolo-CDH issu des élections de juin 2009, entend peser désormais de tout son poids sur les choix en matière de politique du logement.



FRANCIS DUBOIS