13 mars 2015

COBRALO: LA RÉGION VA INTERVENIR !

 

Possibles irrégularités à la Cobralo à Uccle: la Région va intervenir

Vendredi 13 mars 2015 à 16h30

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C'est une première depuis que la Région bruxelloise existe.

Le 5 mars dernier, le gouvernement a décidé l'envoi d'un commissaire spécial auprès de la Coopérative brabançonne du logement (Cobralo), une société immobilière de service public située à Uccle. Informé par l'autorité de tutelle, la SLRB (Société régionale du Logement de Bruxelles), le gouvernement relève une série de possibles irrégularités de gestion au sein de cette société de logements sociaux. La justice a également été saisie.

 

La note au gouvernement de la ministre bruxelloise du Logement, Céline Frémault (cdH), que nous nous sommes procurée, dresse une liste non exhaustive d'irrégularités présumées ou avérées dans la gestion de la Cobralo. La SISP uccloise a récemment licencié son directeur-gérant. Ses indemnités s'élèvent à quelque 370 000 euros. Pour lui verser cette somme, la Cobralo décide de contracter un emprunt bancaire. En Conseil d'administration, les représentants de la Région rappellent que tout emprunt doit recevoir l'approbation préalable de la SLRB. Pourtant, les administrateurs de Cobralo passent outre. La demande de régularisation de la SLRB est depuis lors restée sans suite.

Autre fait visé dans la délibération du gouvernement, le recours au fonds spécial de la société de logement social - appelé Fonds Stevens - pour aider le prédécesseur du gérant licencié à rembourser des arriérés de loyer. Le secrétaire général du Syndicat des Locataires de Logement sociaux, José Garcia, explique: "Lors de son départ à la retraite, le directeur-gérant précédent s'est fait nommer président d'honneur de la Cobralo. Il a aussi demandé à bénéficier de la gratuité du loyer pendant 5 ans pour le logement qu'il occupe au sein de la SISP "pour services rendus", ce qui lui fut accordé. Par la suite, sous l'impulsion de son successeur - le directeur-gérant qui vient d'être licencié - ce privilège a été aboli, la SLRB le déclarant illégal. Le bénéficiaire a donc été invité à rembourser à la Cobralo l'équivalent des loyers qu'il aurait dû verser. Au lieu de puiser dans sa cassette personnelle, le président d'honneur aurait utilisé l'argent du fonds destiné à aider les locataires les plus précaires pour rembourser sa dette."

D'autres manquements relevés par la SLRB concernent des problèmes de gestion quotidienne et une application insuffisamment scrupuleuse de la loi sur les marchés publics. Plus grave, les coopérateurs (Cobralo a le statut de société coopérative) qui se sont inquiétés des dérives de l'ancien directeur-gérant ont fait l'objet d'une procédure d'exclusion, elle aussi déclarée illégale par la SLRB. En dépit de cet avertissement, les instances de Cobralo n'ont effectué aucune marche arrière. Si l'on sait que la perte de la qualité de coopérateur équivaut à la perte de son logement social, cela donne une idée de la gouvernance au sein de la Cobralo.

Alertées par le Syndicat des Locataires de Logements sociaux, les autorités de tutelle (SLRB et gouvernement) ont réagi. Outre l'envoi prochain d'un commissaire spécial, la ministre du Logement annonce le dépôt d'une plainte contre x avec constitution de partie civile. Pour José Garcia, cela démontre l'utilité de l'action des locataires et la possibilité d'engranger des victoires. Nous n'avons pas été en mesure de recueillir la réaction des responsables actuels de la Cobralo.

P. Carlot

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