15 juillet 2010

UN PEU DE FUMEE SANS FEU...

La lettre d'information
de la Plate-forme Maison Passive

PMP news - express / Un peu de fumée sans feu...



En réponse aux articles parus dans les médias ces derniers jours concernant le risque présumé de grave incendie dans les maisons passives, la Plate-forme Maison Passive (PMP) tient à contribuer au débat et fait le point avec M. Hervé Breulet, de la Direction des risques accidentels de l'ISSeP et promoteur de l'étude commanditée par le SPF Intérieur.

De quoi s'agit-il ? Constatant l'étanchéité à l'air quasi parfaite qui fait la réputation de ces maisons, les pompiers se demandent s'il n'existerait pas un risque qu'un feu couvant par défaut d'oxygène à l'intérieur du bâtiment ne puisse déclencher une explosion lors d'un apport brutal d'oxygène, par exemple au moment où des pompiers en intervention entreraient en brisant une vitre ou la porte d'entrée. Ce phénomène, connu des services de pompiers, porte le nom de backdraft.

Voilà plus d'un an que la PMP s'intéresse à la question, faisant suite à l'inquiétude formulée par un pompier formateur spécialisé dans ce phénomène (M. PL. Lamballais).

Pour apporter des réponses à ces questions légitimes, la PMP a participé à un travail réalisé par des étudiants de l'université de Mons et plus récemment, en tant qu'expert du standard passif, à une étude commanditée par le SPF Intérieur à l'association ISSeP / UMons, dont l'expérience est reconnue depuis plus de 40 ans dans le domaine de l'incendie des bâtiments et couvre un large champ d'action (tests en laboratoire, expertises, prévention, enseignement, simulations, études post sinistre…). La PMP a interrogé M. Hervé Breulet, de la Direction des risques accidentels de l'ISSeP et promoteur de la recherche précitée, dont les conclusions devraient être livrées pour la fin de l'année.

Pour M. Breulet, une maison passive n'est pas spécifiquement plus dangereuse pour ses habitants ou pour les pompiers qu'une maison traditionnelle. Si la crainte du backdraft est bien compréhensible, elle ne semble pas vérifiée dans les premières simulations réalisées. L'étude dirigée par M. Breulet, intitulée « Passive House and Fire = Inferno ? », part de l'hypothèse que « s'il n'y a pas de risque plus élevé » avec les maisons passives, alors on peut également écarter ce risque avec les maisons basse-énergie et autres nouvelles constructions relativement bien isolées et étanches.

Selon M Breulet, il faut se rappeler que le point de départ du foyer d'incendie est d'abord lié au contenu (mobilier, objets, etc.) d'une habitation, ce qui n'a rien à voir avec son éventuel caractère passif et est beaucoup plus important que l'épaisseur d'isolant disposé dans ses murs.

Ensuite, les premiers résultats montrent que le temps d'évacuation pour les habitants d'une maison passive est équivalent à celui d'une maison dite « traditionnelle ». Un autre point important est que les phénomènes de backdraft et de flashover (extension du foyer de l'incendie à l'ensemble des matières combustibles présentes dans le local à cause d'une température trop élevée) ne sont visiblement pas directement liés à l'étanchéité à l'air du bâtiment car on constate en effet que ces phénomènes se produisent aussi dans des bâtiments non isolés.

Enfin, pour M. Breulet, un bâtiment soumis à une température supérieure à 200°C, qu'il soit passif ou non, ne peut sans doute plus être considéré comme réellement étanche à l'air…

Pour résumer, si on comprend l'inquiétude des corps de pompiers face à de nouvelles performances constructives, il semble qu'on fasse actuellement beaucoup de fumée, mais qu'on manque en réalité de faits alarmants. Certes, les habitudes des équipes d'intervention devront sans doute évoluer pour plus de sécurité (d'où l'étude en cours) et chacun reste conscient du risque que cela comporte. Il ne faut donc pas minimiser l'importance de la sécurité des occupants et des pompiers.

Mais à ce jour, aucun incendie n'a pu être signalé dans une maison passive, même dans des pays comme l'Allemagne ou l'Autriche. Ceci peut signifier plusieurs choses : soit l'information n'a pas été relayée, soit il n'y a réellement pas encore eu d'incendie dans une maison passive (ce qui est peu probable, au vu des statistiques de l'ISSeP), soit les pompiers ne se sont tout simplement pas rendu compte qu'ils intervenaient sur une maison passive…

Finalement, la prévention reste le plus important. Seule une maison sur dix est aujourd'hui équipée d'un système de détection conforme à la réglementation… Ce serait pourtant sans aucun doute la moins coûteuse des interventions.

Benoit QUEVRIN, Coordinateur PMP.

Plate-forme Maison Passive asbl
http://www.maisonpassive.be

10:48 Écrit par SYNDICAT DES LOCATAIRES TEL: 02/522 98 69 dans ARTICLES DE PRESSE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : maison passive, syndicat des locataires |  Facebook |  Imprimer |

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